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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 11:10
Bon, voilà, Alex nous a quitté...
Retour en arrière.
ça devrait être en 93, le magazine Rock Sound débutait (oui, oui, ce magazine fut une très bonne alternative aux Inrocks dans ses premiers numéros) et dans sa partie vieilleries, un long dossier sur Big Star.
Passage à la Fnac, je tombe sur un unique exemplaire de Third/Sister Lovers et à la borne d'écoute, dès les premières secondes, c'est la révélation. Ce groupe (et ce disque) avait tout: une voix qui semblait avoir tout vécu, des guitares cristallines, des arrangements de corde sublimes ("For You", "Stroke it Noel", "Take Care"), du chaos venu d'ailleurs  ("Kangaroo"), de la power pop euphorisante ("Kizza Me", "Thank You Friends", "O, Dana") et une impression générale de fin du monde ("Holocaust").


big-star-sister.jpg


Je n'ai pas tardé à acheter le twofer regroupant les 2 premiers albums et même si j'aurais toujours un faible pour ce troisième album foutraque mais génial, Radio City, le deuxième, en est le parfait complément avec des titres comme "O my Soul", "Life is White", "Way Out West", "What's Going Ahn", "Daisy Glaze", "September Gurls", "I'm in Love With a Girl"... Alex Chilton réussit ce dosage que seul les Beach Boys savaient synthétiser aussi parfaitement: derrière la surface de chansons pop euphorisantes, il y avait toujours une nuance de profonde mélancolique.
Pas étonnant que tout un pan de la musique indé des années 80 et 90 se soit profondément reconnu dans l'oeuvre de Big Star.
J'ai eu la chance de voir la reformation du groupe (avec Jon Auer et Ken Stringfellow des Posies) au festival Benicassim il y a quelques années mais ça avait été plutôt une déception. Parce qu'il faut bien l'avouer, l'expérience Big Star fut douloureuse pour Chilton si bien qu'il a eu tendance à dénigrer depuis ce qui en fut le meilleur pour n'en garder que la partie émergée, soit leur place de pionniers de la power pop. Donc en concert, nous n'avions eu globalement droit qu'aux chansons les plus rock et pas grand chose de cette mélancolie qui fait tout le sel (et toute la magie) du groupe.
Je n'ai jamais vraiment eu envie de me pencher sur sa carrière solo post-Big Star. C'est un peu comme si la parenthèse Big Star avait été un accident dans sa carrière et qu'il avait essayé depuis d'y échapper (trop de mauvais souvenirs liés à l'alcool, à la drogue...)

Là, tout de suite, j'écoute "September Gurls" et cette musique réussit à la fois à me mettre le sourire aux lèvres et à me rendre triste.
C'est ça le miracle Big Star.
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commentaires

S
<br /> bonjour, beaucoup de tristesse aussi de notre côté. Nous avons posté un article sur Holocaust aujourd'hui :<br /> http://onagoodday.over-blog.com/article-jour-723-big-star-holocaust-sur-3rd-1978-47049898.html<br /> <br /> Sinon, il faut que je vous dise que le vinyle de 3rd réédité récemment, en rétablissant le tracklisting original, rompt avec le côté foutraque de la version Rykodisc de 1992. Au contraire tout<br /> devient plus pensé, maîtrisé. Encore plus grand dans cette version d'origine, à mon avis. A bientôt<br /> Sylvain<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Holocaust... qu'est ce que j'ai pu écouter cette chanson ! Et Kangaroo aussi.<br /> Tout Third/ Sister Lovers finalement, comme toi.<br /> Triste journée. Triste année 2010.<br /> <br /> <br />
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